Bunifaziu, Cavaddu, procès d’Antony et François Perrino

Selon le Procureur, Cavallo est une « zone d’ombre », « une île où on s’assied sur les lois », « où les règles du code de l’urbanisme ne sont pas respectées ». Et le procureur sait ce qu’il dit !

Le 26 septembre 2016, la Cour administrative a clairement dit l’inconstructibilité de l’île :

« La possibilité de construction ouverte dans les zones UK2 et UK2a à moins de cent mètres du rivage est contraire à l’article L. 146-4 III du code de l’urbanisme. « Le règlement et la délimitation des zones UK2 approuvés par la délibération en litige sont incompatibles avec les dispositions précitées de l’article L. 146-4 III du code de l’urbanisme interdisant toutes constructions ou installations dans une bande de cent mètres de la limite du rivage de la mer. »

L’audience du 27 mai 2026 du pôle économique et financier de Bastia à l’encontre de Messieurs Antony et François PERRINO et la SAS MARINA DI CAVALLO sur l’île de CAVALLO, commune de Bonifacio, concerne la présence d’une trentaine de « mobil-homes » installés sans aucune autorisation depuis 12 ans sur les parcelles Q463, 630 à 633 classées en ZNIEFF1 et en Natura 2000.

Ces « maisons mobiles » présentes depuis 2014, dénoncées, sur place, par Core in Fronte en 2017, verbalisées en 2018, 2021, 2024 et encore présentes en mai 2026 sont dépourvues de toute autorisation, interdites par la législation et les PLU anciens et actuel, sur un espace remarquable du PADDUC, dans la bande des 100 mètres, en espaces proches du rivage. Elles ne sont donc (évidemment !) pas régularisables.

La première verbalisation par la DDTM 2A a été très incomplète (toutes les parcelles occupées ne sont pas citées, aucun métrage n’a été fait et peu de photos sont produites).

Il s’agissait donc d’une affaire d’urbanisme, complexe en raison de la personnalité du responsable des infractions et du contexte de l’île, traitée par le pôle économique et financier, compétent pour la région Corse.

Si M. A. Perrino, qui à plusieurs reprises s’était engagé à ôter ces « mobil-homes » suite aux demandes de l’État, a, devant la justice, d’abord soutenu que ces « mobil-homes » n’étaient en quelque sorte que des structures nécessaires à la construction de luxueuses villas. Les juges l’ont contraint à reconnaître que, même en l’absence de chantiers ces installations étaient présentes et qu’elles servaient aussi (surtout ?) à loger les employés du restaurant « La Ferme » et d’autres commerces dont il est propriétaire sur l’île. Le restaurant « La Ferme » est en effet dépendant de la société PEFIL (Pour PErrinoFILipeddu).

Le Procureur a réclamé 1 000 000 d’euros d’amende contre la SAS Marina di Cavallo, la remise en état des lieux avec astreinte de 500 euros par jour, 300 000 euros d’amende contre Antony et François Perrino.

Les associations U Levante et Garde ont appris à la Cour que F. et A. Perrino avaient obtenu du maire, pendant l’été 2024, 6 déclarations préalables les autorisant à modifier l’état des 6 villas plus ou moins en ruine sur les parcelles de la presqu’île contiguë aux « mobil-homes », propriétés Perrino, en six luxueuses villas et qu’ils avaient transféré en janvier 2026 ces 6 autorisations de construire à la société cannoise « Sand and Stones », spécialiste de l’immobilier.

Jugement mis en délibéré au 23 septembre 2026.