
Pour un nouveau modèle de développement en Corse : l’urgence d’un changement de cap
L’urbanisme – Si la coordination TERRA s’adresse à vous aujourd’hui, c’est pour interpeller les futurs élus des communes de Corse. Qu’ils soient reconduits ou nouveaux, ces élus porteront la responsabilité du bien-être des habitants. Cela exige avant tout le respect rigoureux des codes de l’urbanisme et de l’environnement, en stricte conformité avec le PADDUC, pour les permis de construire ou d’aménagement et les documents d’urbanisme PLU ou les cartes communales.
Il n’est pas trop tard pour arrêter la politique mortifère du « tout-tourisme ». Cette économie monolithique creuse le malheur des insulaires et alimente une spéculation immobilière hors de contrôle.
– Logement et Social : contre la dépossession
La Corse subit une “touristification” qui chasse les habitants de leurs propres centres-villes.
- La spirale de l’exclusion : avec 19 % de la population sous le seuil de pauvreté, l’escalade des prix et des loyers rend le logement inaccessible aux jeunes Corses.
- Le fléau Airbnb : la transformation massive de logements permanents en locations touristiques de courte durée dénature nos quartiers. Nous demandons aux maires de plafonner ces durées et d’interdire les locations de type Airbnb de moins de 30 jours dans les zones tendues.
- Protection des terres : nous exigeons la sanctuarisation des Espaces Stratégiques Agricoles (ESA). Les ESA doivent rester des terres fertiles vouées à l’agriculture. Le béton ne doit plus couler pour des résidences qui restent vides 9 mois sur 12 alors que des milliers de logements sociaux font défaut.
– Pollution maritime : respirer dans nos ports
Le tourisme de masse ne se limite pas à la terre ; il sature nos côtes et pollue notre air.
- L’alternative au gaz : Inutile de débattre du fioul lourd, dont l’abandon est acté. L’urgence est de supprimer les émissions à quai. Nous préconisons l’usage de groupes électrogènes au gaz (ou biogaz) et l’électrification des quais pour forcer les navires de ligne et de croisière à couper leurs moteurs polluants.
- Capacité de charge : des sites comme Scandola sont à saturation. Nous devons instaurer des quotas de fréquentation sur tous les sites sensibles pour protéger notre biodiversité endémique.
– Énergie : la souveraineté contre le “Greenwashing”
La transition énergétique ne doit pas être un alibi pour de nouveaux profits industriels au détriment du paysage.
- Le doute sur le Ricanto : officiellement prévue au biocarburant, nous soupçonnons EDF de vouloir faire fonctionner la nouvelle centrale au fioul léger, faute d’une PPE (Programmation Pluriannuelle de l’Énergie) finalisée et d’une logistique d’approvisionnement claire. Nous exigeons une transparence totale.
- Le refus de l’éolien industriel : Nous critiquons fermement la solution éolienne pour la Corse. Elle défigure nos crêtes, détruit nos paysages et offre une production aléatoire sans garantir notre stabilité énergétique.
- Les vraies solutions :
- Les STEP (Stations de Transfert d’Énergie par Pompage) : utiliser nos barrages comme des batteries naturelles.
- La géothermie : une ressource stable, invisible et constante, encore trop ignorée dans le mix insulaire.
- Le solaire urbain : priorité aux toitures industrielles et parkings plutôt qu’aux terres agricoles.
– La résilience comme boussole
Le modèle actuel transforme la Corse en produit de supermarché. Nous devons placer l’île en situation de résilience alimentaire, économique et sociale. Le rôle du Maire est de mettre un frein au lucre et au clientélisme pour revenir à des décisions rationnelles et équitables.
Comme le disait Antoine de Saint-Exupéry (souvent cité comme proverbe de bon sens) : « Nous n’héritons pas de la terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants. »
Il est temps d’agir pour que nos enfants puissent encore vivre et travailler sur leur terre.
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