L’association A Sentinella sonne l’alerte
- LE “FLOU” DE LA PPE
Le projet de la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) nationale, déclinée en Corse, présente une faille majeure : Le texte définit le biocarburant (HVO) comme le carburant cible, mais autorise le fioul léger en “secours”. Sans plafonnement d’heures annuel strict inscrit dans la loi, le secours deviendra la règle pour des raisons de coût, transformant le Ricanto en centrale fossile permanente.
- LE MENSONGE DE LA RESSOURCE
EDF promet du biocarburant à tous les Systèmes Énergétiques Insulaires (Corse, Guyane, Réunion, Antilles).
Saturation de la filière : l’usine de Saint-Nazaire (Groupe Avril/Cargill) ne peut pas fournir les 600 000 tonnes nécessaires à l’ambition globale d’EDF. Pour compenser, EDF devra importer du colza OGM d’Australie ou du Canada. Brûler des OGM à Ajaccio est une insulte à l’image de “Corse Propre”. Le surcoût financier : le biocarburant coûte 30 à 50 % plus cher que le fioul. En l’absence de contrainte juridique, EDF arbitrera toujours en faveur de sa rentabilité au détriment de l’air des Ajacciens.
LA “SIGNATURE” DES MÉTAUX LOURDS
Le fioul léger n’est pas un carburant propre. Sa combustion rejette des poisons invisibles :
Nickel et Vanadium : le vanadium est le marqueur exclusif du pétrole. Sa présence dans les fumées prouverait la trahison d’EDF sur le “100 % bio”.
Particules Ultra-Fines (PUF) : Le Ricanto émettra des milliards de particules par seconde. Ces PUF (< 0,1 micron) passent directement dans le sang, provoquant cancers et maladies cardiovasculaires.
Le piège de l’inversion thermique : l’hiver, l’air froid emprisonne ces fumées au sol dans la cuvette d’Ajaccio. C’est l’effet “chambre à gaz” nocturne, au moment précis où le chauffage impose une marche forcée de la centrale.
- LE DÉCRYPTAGE DU “MIX ÉNERGÉTIQUE” (Le Trépied)
EDF tente de diluer la pollution dans une moyenne annuelle (Hydraulique / Énergies renouvelables / Thermique).
Le mensonge des 30 % : sur l’année, le thermique semble minoritaire. Mais en hiver, à 19h, le thermique assure jusqu’à 90 % de la puissance appelée. On ne fait pas de “moyenne” de la pollution. Si le poison est injecté 3 mois par an lors des pics de froid, l’impact sanitaire est total. La pollution ne se répartit pas uniformément sur l’année. Elle est concentrée massivement lors de ces pics de froid où le Ricanto sera sollicité au maximum de sa puissance. L’impact sur les poumons des Ajacciens est donc lié aux 90 % de puissance de pointe, pas aux 30 % de la moyenne annuelle. Si vous gérez une flotte de bus, vous ne regardez pas la vitesse moyenne sur l’année pour savoir si vos freins sont bons. Vous regardez la vitesse maximale en descente. Pour le Ricanto, c’est pareil : peu importe que la moyenne annuelle soit de 30 %, ce qui compte c’est que lors du pic de froid, la centrale tourne à 90 % de sa capacité de réglage. Si à ce moment-là elle va brûler du fioul léger, elle saturera l’air d’Ajaccio de poisons.
- LE “LISSAGE” DE QUALITAIR
Qualitair publie des moyennes. Or, une moyenne lisse les pics de pollution. Si la centrale émet un nuage toxique pendant 1 heure, il est “dilué” dans la statistique de la journée. Le résultat paraît conforme, mais les poumons ont subi le pic. “Si vous avez les pieds dans le congélateur et la tête dans le four, votre température moyenne est parfaite, mais vous êtes en danger.” Le lissage rend la pollution invisible.
Il faut que les prélèvements de fumées soient faits par des drones pour prélever directement dans le panache et des capteurs mobiles pour mesurer la donnée brute et instantanée. Ainsi cela permettrait de traquer le pic de pollution là où Qualitair fait de la statistique météo. Nous ne disons pas que les techniciens de Qualitair travaillent mal, nous disons qu’ils sont pieds et poings liés. Quand votre patron s’appelle EDF et que votre banquier s’appelle l’État, vous ne criez pas au loup.
Les capteurs fixes (balises) ou mobiles (camions laboratoires) sont situés à environ 1,50 m ou 2 m du sol. Un capteur fixe est comme un pêcheur à la ligne qui attend que le poisson passe. Si le vent tourne de 10 degrés, le capteur ne voit plus rien.
Les capteurs au sol mesurent un mélange de tout : chauffage au bois, échappements des voitures, navires à quai et centrale.
EDF pourra toujours dire : “Le pic de particules fines que vous voyez sur la balise de la Rocade, c’est le trafic routier, pas notre centrale.” Le capteur au sol ne sait pas faire la différence.
En prélevant directement avec un drone dans la colonne de fumée sortant du Ricanto, on obtient la “signature chimique pure” de la centrale. Si on y trouve du Vanadium, EDF ne pourra pas accuser les voitures ou les camions de livraison.
Les campagnes mobiles de Qualitair sont souvent statiques pendant plusieurs jours à un endroit précis. Si les conditions météo changent, la mesure est inutile. Le drone est dynamique. On peut le diriger exactement là où le vent pousse la fumée. C’est une traque active du polluant, et non une attente passive.
Les engagements légaux que l’État et la CdC ignorent
Pour masquer l’impact du Ricanto, les autorités “oublient” de mettre en œuvre les plans de protection qu’elles ont elles-mêmes votés. Trois acronymes clés engagent pourtant leur responsabilité juridique :
Le SRCAE (Schéma Régional Climat Air Énergie) : C’est la “Constitution” écologique de la Corse. Voté par l’Assemblée de Corse, il contient 40 orientations stratégiques pour la qualité de l’air. Autoriser une centrale qui peut basculer au fioul léger sans contrôle indépendant, c’est violer l’esprit et la lettre de ce schéma régional.
Le PPA (Plan de Protection de l’Atmosphère) : obligatoire pour Ajaccio et Bastia, ce plan doit protéger la santé des citoyens contre les polluants atmosphériques. TERRA demande sa révision immédiate. Le PPA actuel est obsolète : il ne prend en compte ni la taille de la nouvelle centrale, ni les nouveaux polluants (particules ultra-fines, métaux lourds comme le Vanadium).
Le PCAET (Plan Climat Air Énergie Territorial) : C’est le plan d’action des intercommunalités (comme la CAPA). Il oblige les élus locaux à agir pour la qualité de l’air. En restant silencieux sur les risques du Ricanto, les élus locaux se mettent en contradiction avec leurs obligations légales de protection des populations.
Nous ne demandons pas de nouvelles lois, nous demandons simplement que les plans existants (SRCAE, PPA, PCAET) ne soient pas que des “vœux pieux” ou des catalogues de poésie administrative. Ils doivent être appliqués et les élus doivent être comptables de leur échec.
- LE TABOU DE LA FISCALITÉ (TICPE)
Une part vitale du budget de la Collectivité de Corse repose sur la taxe pétrolière (TICPE).
Le conflit d’intérêt : La Collectivité a un intérêt financier direct à ce que l’on brûle du fioul. Passer au bio (souvent détaxé) créerait un trou budgétaire que l’État ne s’est pas engagé à compenser à l’euro près.
NOS 3 EXIGENCES “NON-NÉGOCIABLES”
VERROU JURIDIQUE : L’inscription dans la PPE d’un plafond d’heures annuel de fonctionnement au fioul léger, sous peine de sanctions financières pour l’exploitant.
CONTRÔLE CITOYEN : L’accès permanent aux registres de cargaison des navires livrant la centrale par pipeline (fin de l’opacité du “tuyau”).
SURVEILLANCE SCIENTIFIQUE : La mise en place d’un réseau de capteurs de métaux lourds (Ni, V) et de Particules Ultra-Fines, géré par un collège indépendant et financé par EDF.

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